Trop Gros
Gérard Baste
3:03"Eh mon pote, eh regarde ce que j'ai pour toi Une petite gorgée de ça et fini le lait écrémé" À ta santé petite C'est toujours la même histoire Le même cinéma qui recommence tous les soirs Une silhouette qui émerge du noir Qui te saute au cou en puant de la gueule et en hurlant "à boire" Dans les rues désertes, c'est le cauchemar Les gens crient et s'enfuient quand arrive mon armée de crevards Et si tu me trouves déjà bizarre, allez On en reparlera quand tu me verras à 28 litres plus tard J'ai une haleine de mort et des pensées malsaines Et j'sors de ma tanière quand la lune apparaît dans le ciel Une montée de fièvre et j'ai tout le corps qui tremble J'pousse un hurlement horrible, pliant, m'tenant le ventre Les paupières qui se retournent, et les yeux qui se révulsent Les mains qui pendent au bout de mes bras Qui se tendent, tout droit devant le buste Les dents qui s'allongent et les poils qui poussent J'marche comme un zombie dégueulasse Jusqu'à ce que je fasse les courses Devant le rayon où je vais squatter pendant trois quarts d'heure En train de bander comme un vieux hardeur J'sais, j'finirai par serrer la même vieille piquette Mais, une par une, je lirai toutes les étiquettes Si y a une pauvre meuf qui me dit Excusez-moi je passe Non, tu passes pas devant moi Quand je regarde le pinard connasse" J'la tire par les cheveux j'lui dévore la gorge Vise le goulot avec les dents et j'vide cul-sec Une 'teille de Nuits-Saint-Georges C'est toujours la même histoire Le même cinéma qui recommence tous les soirs Une silhouette qui émerge du noir Qui te saute au cou en puant de la gueule et en hurlant "à boire" Dans les rues désertes, c'est le cauchemar Les gens crient et s'enfuient quand arrive mon armée de crevards Et si tu me trouves déjà bizarre, allez On en reparlera quand tu me verras à 28 litres plus tard Eh mon pote Tu peux me mettre une autre bouteille de côté pour plus tard? Mon vieux, je ne mettrai rien de côté pour toi Eh, mais je suis pas en train de parler de la gnaule mec J'te parle pas de la gnaule, la vie J'suis en train de parler de la vie Me fout complètement de ce que tu racontes Tu prends ta gnaule et tu dégages Attends, écoute un peu" J'absorbe plus que la sphaigne En manque j'suis une teigne Et je renais à la vie lorsque les lumières de la ville s'éteignent La bouche ouverte, la gorge sèche et les bras qui grattent J'défonce ton thorax, et j'bouffe ton cœur de pie crade C'est le retour de Kid Cudi C'est le bal des promos, et ma victime a une belle robe rubis Tous les vendredis, 13 degrés, on se réunit Et c'est toute l'armée des morts qui fonce vers l'épicerie de nuit Ça te fera pas mal c'est promis J'l'enfile tout bourré pendant que Jennifer vomit Et l'aut' pédé de Dracula peut venir me sucer C'est lui qui va tomber dans le coma Visage bouffi contre les vampires The descente qui fait peur et je m'entretiens avec un sang pire Priez le Saint Père De ne pas croiser Gérard En train de boire seul le soir, à poil sous son imper' J'ai le vin d'horreur, un pas de plus vers l'aurore Ramène un sommelier si tu comptes identifier le corps Tu peux venir me planter un pieu dans le cœur Personne pourra m'arrêter tant que je serai armé d'un décapsuleur C'est toujours la même histoire Le même cinéma qui recommence tous les soirs Une silhouette qui émerge du noir Qui te saute au cou en puant de la gueule et en hurlant "à boire" Dans les rues désertes, c'est le cauchemar Les gens crient et s'enfuient quand arrive mon armée de crevards Et si tu me trouves déjà bizarre, allez On en reparlera quand tu me verras à 28 litres plus tard Prends ta gnaule et dégage Ça y est je crois que ça viens Tu commences à saisir ce que je veux dire hein? Et quand tu sauras la vérité, tu auras tout bon mon pote Bon allez vas-y raconte Les yeux exorbités, injectés de sang et le visage blême J'pourrais boire encore plus, mais j'ai la flemme Je m'essuie la bouche du revers de la main Pendant que les dernières bouteilles crèvent Et je rejoins mon cercueil pendant que le soleil se lève J'ai vidé les briques, fais les comptes de la Kriek Et ma tension retombe à 8/6 quand le jour rapplique J'ai été abominable, j'ai bu tout le sang de la Terre Et j'ai signé un pack avec le diable Une canette vide, c'est ma vision de l'enfer Et je fonce vers le prochain bistrot à tombeau ouvert Et en guise d'épitaphe le jour où je remballe Tu peux inscrire "Rest in Peace" sur ma bière tombale C'est toujours la même histoire Le même cinéma qui recommence tous les soirs Une silhouette qui émerge du noir Qui te saute au cou en puant de la gueule et en hurlant "à boire" Dans les rues désertes, c'est le cauchemar Les gens crient et s'enfuient quand arrive mon armée de crevards Et si tu me trouves déjà bizarre, allez On en reparlera quand tu me verras à 28 litres plus tard